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Publié par
7 juil 2020

Bilan 2019 et perspectives 2020 du secteur numérique : Le nouveau gouvernement doit se concentrer sur l’investissement et la formation

Syntec Numérique, organisation professionnelle des acteurs du numérique, dévoile ce jour les résultats de sa conférence semestrielle. Alors qu’un nouveau gouvernement vient d’être nommé, c’est l’occasion de revenir sur le bilan de l’année 2019, l’état des lieux du secteur du numérique en France post-Covid, et aussi de dessiner les priorités pour le dernier acte du quinquennat. Cheville ouvrière de la relance, le numérique doit irriguer l’ensemble des ministères et des industries. Investissements et formation seront les maîtres mots de la reprise.

Jeune femme devant un schéma numérique

Un secteur affecté mais résilient face à une solidité de la demande

La crise du Covid19 a ralenti le dynamisme du secteur : sur 2019, ce dernier affichait en effet une croissance de 4,2%. Après la crise, il prévoit une baisse de chiffre d’affaires de 6,7% pour l’ensemble du secteur sur l’année 2020. Le ralentissement concerne les trois grandes activités que représente Syntec Numérique : les éditeurs de logiciels, les entreprises de services du numérique, et le Conseil en technologies (R&D externalisée) qui est le plus fortement touché en raison des impacts simultanés sur l’aéronautique et l’automobile.

Pourtant, le numérique montre des signes de reprise, même légers : redémarrage des projets en cours et reprise de l’activité commerciale pour 86% des entreprises.

Les SMACS (Social-Mobility-Analytics-Cloud) sont les moteurs du marché, avec une croissance nette estimée à 450 millions d’euros en 2020, soit 3,2% vs 2019. Le cloud s’impose comme un levier de croissance : pour les entreprises interrogées, la demande d’achats de services sur le cloud public va augmenter de 8% suite à la crise. Sur le marché du numérique, 24% des entreprises prévoient d’investir dans le cloud pour mieux exploiter leur data et 24% également vont migrer leurs applications pour des raisons de disponibilité.

Edition de logiciels : le Saas reste dynamique

+ 6,6% de croissance en 2019, -3,6% en 2020 : c’est le secteur dont les signes de reprise sont les plus rapides. S’ils sont affectés par la crise de la Covid19, les éditeurs de logiciel n’en restent pas moins compétitifs : plus de 8 entreprises sur 10 prévoient la reprise de leur activité dès le deuxième semestre de cette année et 40% des éditeurs prévoient une croissance de leur chiffre d’affaires en 2020.

Le modèle du SaaS (hébergement et mise à jour des logiciels d’exploitation sur des serveurs distants) reste particulièrement dynamique : 86% des entreprises prévoient soit la stabilité soit la croissance du marché en 2020.

Entreprises de Services du Numérique : le cloud, booster de la reprise

D’après les adhérents de Syntec Numérique, c’est le développement de nouvelles offres de services à forte valeur ajoutée (développement des offres cloud, nouvelles offres cybersécurité, développement d’offres autour de l’intelligence artificielle et machine learning…) qui constituera le principal levier de reprise du secteur en 2020. Le développement des offres Cloud s’intensifie, et atteindra 23% de part de marché du secteur en 2020, soit une croissance de 9,1% (vs 19,4% en 2019).  

Le secteur des ESN est le deuxième moins touché par la crise de la Covid19, avec +3,1% de croissance en 2019 et -6,2% de prévisionnel 2020.

Conseil en Technologies : sauvegarder et transformer l’industrie par la formation 

79 % des sociétés de Conseil en Technologies ont connu de la croissance en 2019, mais seules 12% prévoient une augmentation de leur chiffre d’affaires en 2020. En cause : la diminution du carnet de commandes qui s’est dégradé dans 83% des cas au 1er semestre 2020.

Le Conseil en Technologies regroupe les entreprises de la filière R&D externalisée (130 000 salariés, en général hautement qualifiés). Les entreprises interviennent sur toute la chaîne de valeur de la vie d’un produit et tous les secteurs industriels. Selon la profondeur de l’impact de la Covid19 sur ces derniers, la reprise sera donc plus ou moins lente : de 0 à 6 mois pour la pharmacie, l’énergie ou encore les télécoms, de 6 à 12 mois pour l’automobile et plus de 12 mois pour l’aéronautique.

Pour éviter la fuite des talents à l’étranger et conserver les compétences en France durant cette période, l’accent doit être mis sur la formation ! Syntec Numérique propose donc au gouvernement d’appliquer un nouveau dispositif, le FMDCI – Formation pour le Maintien et le Développement des Compétences d’Innovation – qui permettra d’enrichir les compétences des 50 000 ingénieurs et techniciens supérieurs de la R&D externalisée dans le cadre de la réalisation de nouveaux projets d’innovation.

On estime que l’écart moyen entre la croissance 2020 estimée avant la crise et celle estimée après la crise sera de -11,6% pour les acteurs les moins exposés, et de -23,4% pour les acteurs les plus exposés (aéro, auto…)

Le numérique n’est pas un secteur d’activité comme les autres : il peut être la cheville ouvrière de la relance

« Nous venons de vivre en deux mois de confinement une accélération numérique fulgurante » déclare Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique. « Le numérique a fait la démonstration de tout son potentiel de résilience et de croissance. 

Nous avons deux possibilités : soit nous continuons de financer seulement de l’activité partielle sans investir dans la formation de ceux que la crise a laissés sans perspective, en abandonnant la compétitivité à nos concurrents. Soit, nous pouvons agir dès maintenant pour faire du numérique la priorité du plan de relance.

Le numérique n’est pas un secteur d’activité comme les autres : c’est une cheville ouvrière qui permet d’accélérer l’innovation dans toutes les industries. Il faut intégrer le numérique dans tous les plans de relance sectoriels pour créer de l’emploi et gagner en compétitivité. L’occasion est historique et elle ne se représentera pas deux fois. C’est maintenant que nous devons nous adapter et combler notre retard. Il faut lever les freins réglementaires à la dématérialisation des actes et des procédures, et pérenniser les bonnes pratiques mises en place durant la crise. Il faut aussi investir massivement dans les technologies et les compétences numériques en ciblant les talents et les technologies d’avenir. Ne revenons pas à l’avant-crise, ne revenons pas à l’anormal !»

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