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Transformation de la fonction juridique : interview de Florence Bigot, Directrice Juridique, Capgemini

Les technologies accélèrent l'évolution du métier de juriste et, grâce à l'automatisation, libèrent du temps qui peut être consacré à des tâches à haute valeur ajoutée.

Florence Bigot, directrice juridique, éthique et conformité, France, Maroc, Capgemini, nous raconte son quotidien, porté par le digital. 

"Le numérique fait évoluer le rôle du juriste, en fait, il nous permet de réinventer notre métier !"

Syntec Numérique : De quelle manière le numérique impacte-t-il le métier de juriste ?

Florence Bigot : Je vois plusieurs aspects. D'abord, le numérique s'est traduit par l'arrivée d'un flot très important de données. Cette volumétrie est nouvelle pour les juristes. Ensuite, la numérisation rend les données accessibles à tous et permet le travail collaboratif, ce qui nous a amené à changer nos méthodes de travail. Enfin, la signature électronique a elle aussi changé beaucoup de choses. Grâce au numérique, nous avons mis en place de nouveaux processus et de nouveaux outils. Par exemple, nous travaillons à la mise en place et déploiement de chatbots pour diffuser des informations aux collaborateurs ou les aider à trouver ce qu'ils recherchent sur l'intranet comme, par exemple, des modèles d'accord de confidentialité ou de clauses à insérer dans les contrats. Cette automatisation que permet le numérique libère du temps pour les juristes, temps qu'ils peuvent consacrer à des tâches stratégiques, à haute valeur ajoutée.

SN : Quelle est l'attitude des juristes vis-à-vis de l'automatisation, de l'intelligence artificielle ?

F.Bigot : Bien sûr, chez les juristes comme dans tous les métiers, il y a le fantasme d'être remplacé par un robot, mais il existe plutôt de mon point de vue une complémentarité avec les nouveaux outils, on parle de plus en plus de “juriste augmenté”. Plusieurs choses deviennent possibles grâce à l'intelligence artificielle comme, par exemple, trouver rapidement tous les contrats qui intègrent une clause précise. Chez Capgemini, nous avons développé un “Global Legal Center”, un centre d'excellence juridique mondial, basé en Pologne pour l'Europe, en Inde pour la région Asie-Pacifique et au Guatemala pour les Amériques. Ce centre consolide et diffuse les connaissances et l'expertise du groupe dans le domaine juridique aux 200 juristes de Capgemini dans le monde. Nous disposons aussi d'un workflow de contractualisation qui facilite grandement notre travail sur les achats quel que soit le pays dans lequel se trouvent les juristes. Et nous allons aller plus loin.

SN : Cette transformation numérique nécessite-t-elle de nouvelles compétences ?

F.Bigot : Oui, la compréhension de l'environnement et l'appropriation de certains outils ont demandé des compétences nouvelles, que nous avons acquises lors de formations en interne ou en externe. Même si le changement peut parfois effrayer, les juristes ont une vraie appétence pour le numérique. Ils perçoivent ces technologies comme des opportunités. Et ils sont habitués au changement car le monde et le droit évoluent en continu, impactant ainsi notre métier. Cependant, les technologies numériques vont très vite, elles accélèrent cette évolution. Cela nous oblige à nous interroger sur notre métier, à réfléchir à comment nous l'exercerons demain et à nous repositionner. C'est le vrai gain de cette accélération : le numérique fait évoluer le rôle de juriste, en fait, il nous permet de réinventer notre métier !
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