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Transformation de la fonction juridique : interview de Laetitia Pereira, responsable juridique et DPO, Divalto

La création en interne d'un poste juridique est essentielle en ce qu'elle permet de diffuser une véritable culture juridique dans l'entreprise.

Les outils numériques font évoluer le métier […] et ils servent aussi aux opérationnels, qu’ils rendent plus autonomes […]. A présent, il y a une vrai culture du droit dans l’entreprise. 

Syntec Numérique : Quelle place occupe le juridique dans votre entreprise ?

Laetitia Pereira : Divalto est un éditeur de logiciels de gestion (ERP et CRM) pour les PME et les ETI. Ces solutions logicielles évoluent constamment pour intégrer des fonctionnalités qui facilitent la mise en œuvre des nouvelles réglementations, notamment le RGPD.  Le rôle du juriste consiste à conseiller et à assister l'entreprise dans le domaine du droit général, mais aussi à lui apporter son expertise sur les questions liées aux nouvelles technologies, à la propriété intellectuelle, au droit de l'informatique et à la mise en conformité des produits vis-à-vis des nouvelles législations. Depuis l'entrée en vigueur du RGPD, notre rôle est d’autant plus important ; il consiste aussi à accompagner nos partenaires et nos clients dans leur démarche de mise en conformité.

SN : De quelle manière le numérique impacte-t-il le métier de juriste ?

L. Pereira : Les outils numériques font évoluer le métier et ils le feront encore plus à l'avenir. Les technologies de dématérialisation, d'automatisation, toutes les legal tech contribuent à supprimer les tâches les plus chronophages et libèrent du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Ces outils dépoussièrent l'image du juriste, qui devient un « juriste 2.0 ». Et ils servent aussi aux opérationnels, qu'ils rendent plus autonomes. A condition de bien placer le curseur entre autonomie et automatisation. Et de ne pas oublier que le numérique est un outil facilitateur, et seulement un outil !

SN : Le numérique impose-t-il au juriste d'acquérir de nouvelles compétences ?

L. Pereira : Oui, bien sûr, car tant la législation que les technologies numériques évoluent en permanence et rapidement ! Et ce sont des matières complexes. En 2020, en plus d'être responsable juridique on m'a confié la mission de déléguée à la protection des données. Ça ne s'improvise pas. Même si j'ai déjà obtenu un Master 2 en droit du multimédia et des systèmes d'information, la législation évolue tellement rapidement que je dois continuer à me former.
 

SN : La création d’un poste interne sur le juridique au sein de Divalto est récente puisqu’elle date d’avril 2018. Qu'est-ce que cela a changé pour l'entreprise ?

L. Pereira : Je crois que, tant pour les dirigeants que pour les collaborateurs, le fait de pouvoir solliciter quelqu'un en interne à tout moment sur toutes sortes de questions se traduit par plus de confort. Il y a une vraie proximité. Et c'est très bien, car cela permet d'anticiper les risques potentiels et donc d'éviter les problèmes en amont. A présent, il y a une vraie culture du droit dans l'entreprise. L’ensemble des salariés a pris conscience de l'importance d'intégrer le juridique dans leur quotidien. Ils ont acquis de nouveaux réflexes, ils viennent me voir spontanément dès le début d'un projet, par exemple sur les sujets contractuels. Cela sécurise nos relations et protège autant les intérêts de l'entreprise que ceux de nos interlocuteurs.
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