Le cloud computing

Le terme «Cloud» désigne aujourd’hui de manière générale un nouveau modèle à la fois de distribution et de consommation de l’informatique qui consiste à mettre à disposition via les réseaux de communication et à la demande (= «as a service»), un ensemble de « ressources » (puissance de calcul, stockage de données, applications, etc.) et de «services » (gestion, administration, etc.). Celles-ci seront mutualisées, dématérialisées, contractualisées, évolutives et en libre-service.

Les solutions cloud reposent principalement sur des technologies de virtualisation et d’automatisation. Trois caractéristiques clés du Cloud le différencient de l’informatique traditionnelle :

  • Mutualisation et allocation dynamique de capacité (adaptation élastique aux variations de charge).
  • Services à la place de produits technologiques avec mise à jour en continu et automatique.
  • Self-service et paiement à l’usage (en fonction de ce que l’on consomme).
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Typologie

Les machines, applications et données pourront être disséminées ou centralisées dans un, ou dans différents sites internes, chez des prestataires, dans un Data Center situé à l’autre bout de la planète ou sur une myriade de serveurs constituant un même «nuage» (cette dernière métaphore est utilisée depuis les années 90 pour représenter les réseaux et en particulier Internet).

Le Cloud Computing, tel que défini par le NIST (National Institute of Standards and Technology), est constitué de différentes composantes – dont il est indifféremment l’une, les deux ou les trois combinées :

  • SaaS (Software as a Service) : concerne la mise à disposition d’applications d’entreprise : CRM, outils collaboratifs, messagerie, Business Intelligence, ERP, etc. Le fournisseur offre une fonction opérationnelle et gère de façon transparente pour l’utilisateur l’ensemble des aspects techniques requérant des compétences informatiques. Le client garde la possibilité d’effectuer quelques paramétrages de l’application.
  • PaaS (Platform as a Service) : concerne la mise à disposition de plates-formes de middleware, de développement, de test, d’exécution d’applications… Le fournisseur gère et contrôle l’infrastructure technique (réseau, serveurs, OS, stockage…). Le client garde la main sur le déploiement des applications, sur leurs paramétrages.
  • IaaS (Infrastructure as a Service) : concerne la mise à disposition de ressources informatiques (puissance CPU, mémoire, stockage…). Le modèle IaaS permet au client de disposer de ressources virtualisées et déportées. Celui-ci garde le contrôle sur le système d’exploitation (OS), le stockage, les applications déployées ainsi que sur certains composants réseau (pare-feu, par exemple).

Modèles de déploiement

Différents modèles de Cloud coexistent :

  • Cloud privé internalisé : «nuage» interne à l’entreprise (l’entreprise étant propriétaire et gestionnaire des infrastructures) ou Cloud entièrement dédié à cette même entreprise, accessible via des réseaux sécurisés, opéré par les équipes internes.
  • Cloud privé externalisé : plate-forme de Cloud Computing qui vise à fournir, de manière externalisée, les services et garanties équivalents à ceux offerts par un Cloud privé interne, tout en bénéficiant des avantages des services de gestion par un tiers. Il peut être accessible par Internet ou par un réseau privé.
  • Cloud public : il est externe à l’entreprise, accessible via Internet ou un réseau privé, géré par un opérateur externe propriétaire des infrastructures, avec des ressources totalement partagées entre tous ses clients.
  • Cloud hybride : il s’agit de la conjonction de deux ou plusieurs Clouds (public+privé) amenés à «coopérer », à partager entre eux applications et données.
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Quels Clouds pour quelles applications ?

En mode IaaS, la généralisation de la virtualisation des serveurs permet de multiplier les projets de type cloud. Dans ce mode, les environnements le plus souvent sujets à évolution sont :

  • La virtualisation des postes de travail
  • Les environnements de Test & Développement (car ils ont des besoins assez imprévisibles de ressource à la demande et sont en recherche d’élasticité).

Historiquement, les grands projets informatiques (ERP, par exemple) – statiques une fois bâtis – avaient jusqu’à récemment peu besoin d’élasticité (sauf en phase de test), et étaient gérés en mode « silo», dans lequel l’infrastructure de calcul et de stockage est dédiée à l’usage exclusif de cette seule application.

Avec la plus grande flexibilité des activités des entreprises et des administrations qui s’accélèrent depuis 2 ou 3 ans, cette position est amenée à évoluer. Jusqu’à peu, la vue était que plus l’application est verticale, spécifique, «critique», moins elle est éligible au Cloud. Cette vue est clairement en train de changer, avec le développement des Clouds internes dans les grandes entités utilisatrices d’une part, et le foisonnement d’offres verticales de services cloud d’autre part.

le Cloud s’avère particulièrement pertinent pour les applications à géométrie variable

Ainsi, le Cloud s’avère particulièrement pertinent pour les applications à géométrie variable (test/développement, applications Web et e-commerce, etc.) ou pénibles à gérer : les postes clients, la messagerie, outils collaboratifs, CRM, solutions de gestion des ordres de mission et des notes de frais.

Pour chaque application clé – et quelle qu’elle soit – on devra se poser des questions sur le type de service cloud le plus opportun (IaaS, PaaS, SaaS) et sur le type de déploiement souhaité (privé/privatif, public ou hybride). Pour répondre à ces questions, deux catégories de critères doivent entrer en ligne de compte : métiers (réglementaire, culturel…) pour le mode de déploiement ; techniques, pour définir le service.

Les bonnes pratiques du référentiel eSCM

Le référentiel eSCM regroupe un ensemble de bonnes pratiques de sourcing IT. Il propose deux versions «miroir », l’une pour les clients, l’autre pour les fournisseurs. chaque partie peut tirer avantage de ce référentiel pour améliorer ses aptitudes en matière de :

  • Gestion de la relation client-fournisseur
  • Gestion des risques
  • Pilotage de la performance
  • Gestion de la connaissance et des ressources humaines
  • Contractualisation, conception, déploiement et transfert du service
  • Fourniture et réversibilité du service

Les deux modèles – eSCM-CL pour les clients et eSCM-SP pour les fournisseurs – sont organisés autour du cycle de vie du sourcing. Les pratiques successives sont complétées par des bonnes pratiques transverses, ou permanentes, qui traitent de gouvernance/valeur, de l’aspect humain (compétences, relations, conduite du changement) et environnemental (risques, technologies, réglementations).

La nature des pratiques diffère selon le point de vue considéré, client ou fournisseur. Par exemple, des pratiques stratégiques et d’analyse amont sont prévues pour le client, mais pas pour le fournisseur. D’autres pratiques sont symétriques (par exemple pour la négociation).

Dernier né des référentiels de bonnes pratiques, eSCM est conçu pour être très modulaire, adapté à tous types de sourcing, et compatible avec tous les référentiels existants, d’ITIL à COBIT, CMMI, Prince 2, ISO 9001 ou 20000. Dans le contexte évolutif, multiforme, complexe du Cloud Computing, eSCM peut aider à structurer l’approche, les décisions et le pilotage de services, tant côté fournisseur que client.

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Du changement dans l’air

Les technologies supportant le Cloud ouvrent donc la voie à des changements concrets, rapides et surtout très attendus par les DSI clientes, en ce qu’elles lèvent bien des contraintes et apportent d’essentiels bénéfices. Il y a donc du changement dans l’air...

Du côté de l’offre

les modèles de financement, d’investissement, de rémunération sont remis en cause ; la chaine de valeur et la distribution des rôles va évoluer, et des compétences nouvelles vont devoir émerger chez les différents actesurs.

Du côté de la demande

l’impact du Cloud sera plus profond encore. Ainsi, sont remis en cause les «modèles » appliqués jusque-là : économiques, contractuels, relationnels, organisationnels et méthodologiques. Dans les chapitres qui suivent, cet ouvrage entend en expliciter les changements.

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