La dématérialisation

Le secteur numérique est depuis de nombreuses années au cœur du mouvement de dématérialisation de nos sociétés et de nos économies.

Jusqu’à présent, l'objectif principal de la dématérialisation était la performance opérationnelle, plutôt que la réponse à des enjeux de développement durable.

Cependant, le dérèglement climatique et ses implications pour notre société appellent la profession à s'interroger sur la pérennité de cette approche. La contribution des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) à un effort de réduction de notre empreinte environnementale mérite d'être considérée. Dans cette perspective, le potentiel « Green » de la dématérialisation doit être valorisé.

Les analyses sur ce sujet sont récentes et encore assez rares. Cependant, certains constats peuvent d'ores et déjà être portés à la connaissance du public comme autant de premières pistes de réflexion et d'action. La profession s'est donc mobilisée au travers de cet ouvrage pour dresser un premier tableau du potentiel Green de la dématérialisation et pour montrer en quoi elle peut contribuer au développement durable.

une main au dessus d'une jeune pousse de plante

Les TIC : levier du développement durable

Le Livre Vert de Syntec informatique a pour ambition de démontrer concrètement que les TIC constituent à la fois un instrument de performance pour l'entreprise et un levier du développement durable.

Ce premier volume sera consacré à la dématérialisation et au rôle emblématique qu'elle joue en la matière. Il montrera comment un projet Green IT contribue à la performance globale de l'entreprise, qui va bien au-delà des aspects économiques.

Tout au long de l'ouvrage, le Green IT sera entendu au sens élargi. La démarche engage en effet la responsabilité de l'entreprise d'un point de vue à la fois environnemental, économique et social. Nous veillerons en conséquence à faire un lien entre la dématérialisation et ses répercussions positives sur l'environnement et la société, sans oublier de pointer les écueils à éviter et les risques à piloter.

Compte tenu de la forte corrélation entre l'ensemble des thématiques du Green IT, les sujets faisant l'objet d'un prochain volume du Livre Vert seront simplement évoqués.

TIC, alliées contestées ou avérées du développement durable?

La réputation des TIC n'est plus à faire. Elles s'illustrent comme un formidable levier de croissance des économies, de performance pour l'entreprise et de progrès pour la société.

Pourtant, elles sont aussi la source d'une aggravation du dérèglement climatique. Selon une étude publiée par le cabinet du Gartner en avril 2007, cette industrie contribuerait à 2% des émissions mondiales de CO2. La fabrication des matériels électroniques et informatiques est intrinsèquement polluante. Les TIC sont aussi de grosses consommatrices d'une énergie encore souvent produite dans des centrales émettrices de CO2 - la France, avec le nucléaire constituant une exception en la matière.

Le rapport « TIC et développement durable » publié à la demande du gouvernement français en décembre 2008 estime à 58,5 TWh la consommation électrique annuelle des TIC, soit 13,5 % de la consommation électrique française évaluée à 434 Twh2.

Le même document rappelle que la consommation électrique des TIC augmente de 10% environ chaque année, depuis 10 ans. Le matériel informatique continue aussi de générer d'importantes quantités de déchets polluants, voire toxiques. Or, la filière de récupération des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) des professionnels n'est pas encore suffisamment structurée pour faire face aux enjeux critiques suscités par ces volumes.

mains d'homme devant un schéma numérique

Pourtant, les TIC représentent aussi un moyen essentiel d'accompagner les entreprises et la société vers un monde plus durable. Pour commencer, elles contribuent à réduire l'empreinte environnementale de l'activité humaine.

Elles participent aussi à l'efficacité énergétique de l'immobilier, de l'aéronautique ou des transports. Les TIC induisent une réduction des déplacements. Elles favorisent une utilisation plus raisonnée des ressources naturelles et facilitent la mesure et le suivi des impacts environnementaux.

Par ailleurs, à condition de ne pas laisser s'installer une fracture numérique entre ceux qui ont accès aux technologies et ceux qui en sont privés, les TIC peuvent aussi avoir des impacts sociaux et sociétaux positifs. Elles apportent de nouveaux moyens et espaces d'échange qui donnent accès à une société plus transparente, accessible, collaborative et réactive. En modifiant les notions de temps et d'espace, les TIC bousculent profondément les repères classiques de l'entreprise et de la société.

Les entreprises devront tenir compte de l’augmentation durable du coût de l’énergie et des ressources naturelles, des exigences réglementaires ou encore de la mise en œuvre de la fiscalité écologique. Par là même, elles participeront à l'effort global de réduction du dérèglement climatique. Aussi, le Green IT représente-t-il pour les entreprises à la fois une responsabilité et une opportunité : la responsabilité de réduire leur empreinte écologique grâce à un usage adapté des TIC, mais aussi l'opportunité d'améliorer leurs performances économiques, environnementales et sociétales.

Les Directions Générales des entreprises sont désormais au cœur d'enjeux majeurs. De leur côté, les directions des Systèmes d'Information, instruments clés des politiques de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), vont devoir progressivement intégrer la dimension Green comme une composante à part entière de leurs projets.

Compte tenu de ses multiples usages et de ses impacts sociaux et environnementaux, la dématérialisation constitue une bonne illustration de la façon dont un projet IT peut évoluer vers un projet Green IT.