L'hôpital Numérique à l'heure de l'ouverture

Syntec Numérique met en avant les enjeux structurants auxquels l’hopital numérique doit faire face dans un contexte de transformation majeure : parcours patient, pratiques médicales, lien avec la médecine de ville, tutelles, territoires et réseaux de soins, collectivités, professionnels de santé, fournisseurs.

L’objectif de ce livre blanc (pubié en 2011) est de partager avec les instances exécutives des établissements de soin un constat sur l’organisation actuellement en place et de mettre en perspective la capacité des nouvelles technologies à accompagner cette transformation vers un système d’information et de communication de santé à l’aune de l’ouverture et de la régionalisation.

Attaché à lever les dernières réserves et réticences qui s’expriment encore face au potentiel des TIC à accompagner la transformation de notre offre de soins, Syntec santé a choisi de mettre en avant une composante trop souvent sous-estimée de ces technologies : celle des infrastructures.

Quels constats, quels objectifs peuvent guider l’action et les décisions d’investissement dans les technologies et les systèmes d’information et de communication ?

Médecin dans une chambre d'hôpital avec une tablette numérique

Le constat est aujourd’hui largement partagé. Le système de santé français ne bénéficie pas de systèmes d’information et de communication à la hauteur de ses ambitions en matière de qualité et d’accès aux soins.

Les raisons en ont été développées dans de nombreux rapports et elles sont brièvement rappelées ici : défaut de pilotage public, cloisonnements - au sein des établissements, entre le l’hospitalisation, l’ambulatoire et les consultations externes, entre le sanitaire et le médico-social, et une moindre sensibilité des managers et des professionnels de santé à des projets réputés “techniques”.

Les objectifs ont évolué ces dernières années. Ils sont maintenant confirmés par un cadre législatif et institutionnel renouvelé : loi HPST, création des ARS, mise en place de l’ASIP Santé, de l’ANAP et, à court terme, du Conseil national des Systèmes d’Information et de Communication de Santé.

Les enjeux de performance sont cadrés à la fois par les Pratiques Exigibles Prioritaires de la certification, le nouveau mode de financement de la T2A et la contractualisation… sans oublier les grands plans de santé publique et la place désormais reconnue au patient dans le système de santé.

Ils se traduisent par une attention nouvelle portée aux processus sur lesquels repose la gestion globale d’un hôpital (gestion administrative, processus de soins, fonctions de supports, pilotage…), processus dont la complexité rend plus que jamais les systèmes d’information et de communication indispensables.

Une exigence accrue par l’ouverture des établissements sur leur environnement (réseaux de santé notamment) et par l’impératif de replacer le patient au centre du parcours de soins.

Numérisation des données de santé, dématérialisation des dossiers et comptes-rendus, messagerie électronique, archivage légal - pour ne citer que ces exemples - constituent dans ce contexte des solutions indispensables au décloisonnement des pratiques et au partage des informations.

Photo d'un stéthoscope sous l'eau

Devenu acteur de sa prise en charge, le patient attend, en outre, des services personnalisés - voire de confort - facilités par les technologies de l’internet.

Le pilotage par les indicateurs de qualité accompagne ces transformations et nécessite des systèmes intelligents d’analyse des informations traitées par l’hôpital. 

Le concept de “l’hôpital étendu”, qui émerge actuellement, symbolise une nouvelle organisation de l’offre de soins sur un territoire de santé.

Il passe par la maîtrise des flux d’information, en amont et en aval de l’établissement.

Il bénéficie désormais de nouveaux outils juridiques avec les Communautés Hospitalières de Territoire (CHT), les Groupements de Coopération Sanitaire (GCS) et, bientôt, le décret Télémédecine prévu pour faciliter “les actes médicaux réalisés à distance au moyen d’un dispositif utilisant les TIC “.

Ces nouvelles formes de collaboration entre les acteurs de santé encouragent la mutualisation de moyens et de ressources, prônée par les pouvoirs publics depuis le lancement du Plan Hôpital 2012.

Les conséquences de cette dynamique s’annoncent particulièrement claires en matière d’infrastructures informatiques et télécoms. Soumises à des contraintes de volume, de disponibilité, de sécurité et d’interopérabilité, ces infrastructures devraient plus largement s’externaliser.

Il n’en demeure pas moins que tout projet de système d’information et de communication (local ou mutualisé, externalisé ou non) - parce qu’il s’accompagne immanquablement de nouveaux processus - doit être porté par une maîtrise d’ouvrage impliquée, structurée et portée par des professionnels de santé du métier concerné.

Il s’agit d’un facteur clé de succès souligné partous les retours d’expérience et surlequel ce Livre blanc souhaite insister à son tour.

Sur quels fondamentaux repose un Système d’Information et de Communication de Santé performant ?

Syntec santé préconise une approche de portail étendu basé sur une Architecture Orientée Services. Cette conception est destinée à faciliter l’intégration des briques (applicatives et logicielles, infrastructures et métier) et des terminaux au fil de l’évolution du système d’information et de communication.

Elle favorise son agilité. Les infrastructures d’hébergement et de réseau constituent le socle de cette ossature. Le protocole internet est devenu le standard en matière de réseau dans la mesure où il permet d’unifier le transport de la voix, des données, des images.

Le Data Center a fait ses preuves côté hébergement. Il est cependant désormais complété et optimisé par les nouvelles technologies de Cloud computing et de virtualisation.

Le portail étendu simplifie également la gestion de la sécurité et des identités en intégrant les outils (signature unique par exemple) et les référentiels (annuaires notamment) nécessaires pour l’accès des professionnels au système d’information dans un contexte de partage et d’échanges.

Construit sur un référentiel de données centralisé, unique et fiable, il permet de faire vivre une stratégie de l’établissement tournée vers la communication et les coopérations, tout en produisant les indicateurs essentiels au pilotage médico-économique.

Les capacités d’intégration des infrastructures choisies par un hôpital sont primordiales. Ces fondations doivent en effet répondre aux besoins métier mais aussi garantir le bon fonctionnement des fonctions de support.

Les applications métier restent cependant encore cloisonnées et de nouvelles solutions devront émerger,réellement intégrées et orientées processus. Même si les établissements sont de plus en plus nombreux à prendre des options de “dossier patient unique”, la persistance de dossiers de spécialités demeure justifiée pour certaines disciplines. Ce qui doit constituer une motivation supplémentaire à la mise en œuvre d’architectures aptes à favoriser le dialogue entre applicatifs.

Cette observation reste valable pour ce qui concerne les applications de gestion qui contribuent à la qualité globale des processus - de la planification des ressources à la gestion de la relation client/ patient, en passant par les achats et la logistique.

Médecin avec son smartphone illustrant le secteur e santé

Enfin, la partie visible de cet ensemble - le poste de travail et les terminaux patients - n’est pas la plus négligeable. C’est en effet sur son ergonomie et sa rapidité d’exécution des tâches demandées que se joue largement l’adoption du système d’information par ses utilisateurs. Ces outils font l’objet de progrès et d’innovations rapides, encouragés notamment par un maître mot : la mobilité.

Par la pratique que notre profession a du milieu hospitalier, nous sommes convaincus que la réussite de la mise en place des infrastructures ne se mesure pas seulement sur le plan technique, mais avant tout par les bénéfices que vous retirerez de la disponibilité des informations : l’amélioration des pratiques, la qualité des soins dispensés aux patients, l’environnement de travail des personnels de santé, et le pilotage stratégique et médico-économique.