La transformation numérique du parcours de vie

La santé, le social et le médico-social sont un des derniers secteurs à ne pas avoir tiré pleinement parti de la révolution numérique. Il est temps de rattraper ce retard.

Pour la première fois, les industriels et les acteurs métiers se sont associés pour mener une réflexion commune sur les objectifs et les moyens de cette transformation digitale. Ce livre blanc est le fruit d’une co-construction entre Syntec Numérique et la FEHAP, et associe approche conceptuelle, expériences des industriels et observations issues de visites de terrain. Il ressort de ce travail deux constats : les innovations sont déjà en marche sur les territoires, et des décisions doivent immédiatement être prises pour accélérer le mouvement.

personnes âgées souriantes entrain de marcher dans un bois

Le citoyen-usager-patient au cœur de la transformation

La transformation numérique touche tous les aspects de la vie du citoyen : le parcours de vie en est le fil conducteur. Répondant à une problématique d’usage, elle positionne résolument le citoyen-usager-patient au centre du système, et permet par là-même de décloisonner bien-être, bien-vivre et bien-vieillir.

Les facteurs de rupture induits par le numérique

La révolution numérique s’accompagne de nombreuses ruptures qui touchent déjà le domaine de la santé dans tous ses aspects.

Le patient est désormais connecté. Vivant avec sa maladie, il échange avec ses pairs sur les réseaux, et acquiert des connaissances qui transforment radicalement ses échanges avec les professionnels du soin : d’une relation descendante, on est passé à une remise en question des savoirs, qui doivent se justifier. Autre changement radical : du fait du développement exponentiel des objets connectés, le citoyen-usager-patient se mesure, et produit désormais également ses données de santé.

Les objets connectés ont aussi des incidences sur la pratique soignante, notamment avec la télésurveillance. Mais la prévention et l’éducation à la santé sont aussi affectées, qu’il s’agisse par exemple de tabagisme ou de nutrition. Enfin, la multiplication des données et leur analyse laissent entrevoir le développement d’une médecine personnalisée, prenant en compte les besoins individuels du patient.

Côté établissements, la révolution numérique s’exprime avant tout par l’importance croissante de l’e-réputation : notés et commentés en ligne, les établissements doivent savoir gérer leur réputation sur internet, et ses éventuelles crises virtuelles, car elles sont devenues des facteurs de choix pour les usagers.

Aujourd’hui, une nouvelle rupture majeure se dessine dans le secteur : l’informatisation des parcours de vie et des processus métiers. Elle va permettre la mise en place de plateformes d’intermédiation partagées entre les acteurs et un accompagnement coordonné, du domicile à l’établissement en passant par la ville.

Cette transformation va nécessiter une nouvelle organisation, avec un chef d’orchestre qui va mettre en contact les différents interlocuteurs concernés dans un but de communication et d’efficacité. Ce chef d’orchestre proposant une coordination territoriale et une expertise, s’appuyant sur un projet médical commun et/ou sur une solution technologique de mutualisation des compétences ou des technologies, est ce que nous appelons la structure territoriale d’intermédiation, ou structure pivot.

Médecin avec son smartphone illustrant le secteur e santé

Des modèles éprouvés pour accélérer la transformation

Répondant à la diversité des territoires, cette organisation va toutefois devoir s’appuyer sur des modèles afin de conjuguer logique de service et logique d’industrialisation.

Ces modèles sont des modèles d’organisation (plateforme de mutualisation), mais aussi des modèles de développement du système d’information (SI) (urbanisation du SI de santé).Le modèle de financement, dans l’immédiat, est très limité, mais nous tenterons quelques nouvelles pistes. Enfin, le modèle d’évolution des métiers commence à s’affiner avec l’identification de métiers de « généraliste », complémentaires des métiers d’expertise fine.

Des établissements de la Fehap précurseurs

Ce Livre blanc s’appuie sur une quinzaine de visites dans des établissements adhérents à la Fehap qui ont mis en place des réponses innovantes à différents thèmes de santé : nutrition, prévention des risques cardiaques, dialyse, prévention des chutes, handicap.

Associées à ces projets et clés de leur mise en œuvre, existent des « zones » d’intermédiation plus ou moins explicites et plus ou moins structurées. L’initiative vient d’un établissement qui fédère autour d’un projet de santé d’autres établissements d’un même territoire ou d’une même entité, avec le souhait de mutualiser les ressources rares (techniques ou d’expertise) ou les savoir-faire. Le financement est un financement principalement sur fonds propres. Les méthodes de travail évoluent dans le cadre de ces innovations.

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