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Laetitia Grail, MyBlee Math

Découvrez le portrait de Laetitia Grail, entrepreneure du numérique!

Laetitia Grail

Quelle est votre définition du numérique ?

Le numérique, c’est le monde qui m’entoure et dans lequel j’aime baigner. Tout ce qui nous permet d’aller plus vite, de faire plus de choses. Plus une infinité de possibilités. Le numérique va tout changer.

Pourquoi avez-vous choisi ce secteur ?

Probablement pour ses capacités infinies. C’est l’avenir ! C’est tout ce qu’on ne voit pas encore et tous les possibles. Je ne suis pas née dans le monde du numérique mais du coup, j’en imagine tous les possibles. Je n’ai pas choisi le secteur du numérique dès le début, j’ai d’abord choisi le secteur de l’éducation. Puis, je suis allée vers le numérique parce qu’il permet d’améliorer l’apprentissage et de faire de l’éducation encore mieux qu’avant. Le numérique et le Big Data, c’est la possibilité d’intégrer des algorithmes d’apprentissage personnalisé, ce genre de progrès qui va booster l’éducation. 

Etre une femme entrepreneure, est-ce un plus ?

Je ne sais pas si c’est un plus ou un moins, je ne me suis jamais posé la question.  J’avance. On peut comparer cela au monde des sportifs de haut niveau : des sportifs qui n’avaient pas le profil type, comme Usain Bolt, bien au-dessus de la taille moyenne pour un sprinter et qui aurait plutôt dû faire du basket, et pourtant…

Entrepreneur international dans le numérique, ce sont bien plus souvent des hommes mais il n’y a pas réellement de barrières si on le veut. Je pense qu’il y a des moments où ca a été clairement un avantage et des moments où, même si je ne l’ai pas vu, ça m’a barré la route pour certaines choses. Mais, on ne s’arrête pas à cela ou alors on n’est pas entrepreneure...

Etre une femme scientifique, est-ce un plus ?

Probablement pendant un certain temps, être une femme scientifique va être un plus, si on considère qu’on n’a pas forcément la même façon de penser, que ce soit de l’inné ou de l’acquis. Comme il y a plus d’hommes dans les sciences, probablement, ca peut apporter pas mal de choses puisqu’on sait que la diversité apporte beaucoup. J’ai un peu de mal à répondre à cette question car je ne me suis jamais sentie femme dans ces domaines (entrepreneur et scientifique). Je suis entrepreneure et je suis scientifique, c’est tout.

Avez-vous eu des doutes, des hésitations, ou rencontré des difficultés dans votre création d’entreprise ?

Je trouve que ce n’est pas difficile de créer son entreprise en France. C’est sur la longévité que cela peut être plus dur. Mais on apprend. On prend moins mal les bas et on modère plus les hauts, parce qu’il faut apprendre à durer. Il faut être extrêmement tenace.

Présentez-nous votre projet. Comment cette idée est-elle née ? A quel besoin répondez-vous ?

myBlee Math est une application iPad d’apprentissage des mathématiques, en mode Adaptive Learning, pour les enfants de 5 à 12 ans. Je travaille dans le secteur de l’éducation depuis 20 ans.

Enseignante de formation, j’ai enseigné les mathématiques en France et en Angleterre pendant plus de dix ans avant de fonder Les Cours Marcel, une école de soutien scolaire qui se focalise sur la pédagogie en petit groupe. Passionnée de technologie, je suis restée longtemps peu convaincue par les solutions d’e-learning, jusqu’à l’arrivée de l’iPad qui, pour moi, a marqué le tournant décisif.

Cet outil m’a enfin donné les moyens de réaliser ma vision dans l’éducation digitale et j’ai fondé myBlee Math. L’application est téléchargeable gratuitement sur l’App Store et fait fureur auprès des enfants, des enseignants et des parents.

Au travers de votre activité professionnelle mais aussi personnelle, comment défendez-vous l’égalité femme-homme ?

Si je vois que l’égalité homme-femme est bafouée, je réagis, mais c’est souvent plus insidieux. De par mon éducation, je ne fais pas de différence entre les sexes, comme je n’en fais pas entre les couleurs de peau ou l’âge des gens : élèves, collaborateurs, recrutement, amis. Mais je crois en l’exemple plus qu’au discours car nous ne sommes pas parfaits tout le temps. Alors je répondrais tout simplement que je défends mieux l’égalité homme-femme en investissant des domaines où les femmes sont moins présentes sans le faire remarquer, sans penser que c’est plus difficile, sans me plaindre : les maths, les sciences, l’entreprenariat international, la technologie.

Et vous, comment êtes-vous parvenue à concilier vie professionnelle et vie personnelle/familiale ?

Ce n’est simple pour personne. Probablement encore moins pour une femme parce qu’on a des habitudes mais j’ai pu concilier vie professionnelle et personnelle grâce à trois choses :

  1. un mari avec qui je partage énormément de choses dans la vie familiale, et qui fait beaucoup de choses aussi. Il est d’ailleurs mon associé chez myBlee Math !
  2. la deuxième chose, c’est que j’ai l'énorme chance d’avoir le soutien logistique et moral de ma famille, mes parents et ma soeur, sans qui cela n’aurait été possible ni pour mon mari, ni pour moi. 
  3. la troisième chose c’est que concilier, c’est aussi savoir mettre des priorités. Parfois, la priorité, c’est la vie familiale et parfois, la priorité, c’est la vie professionnelle et la startup.

Quels conseils donneriez-vous à une jeune femme qui hésite à travailler ou à créer son entreprise dans le secteur du numérique ?

Je donnerai le même conseil à un jeune homme, je n’arrive pas à faire la différence. Pour un jeune, le secteur du numérique n’est pas un secteur. Le numérique se trouve dans TOUS les secteurs.

Quant à créer son entreprise, oui, là j’aurais envie de dire que c’est juste d’avoir une hésitation parce que je l’ai fait, j’en ai créé deux : c’est magnifique, et j’adore ca. Mais il ne faut pas regarder que le côté glamour des startups, il faut aussi être très tenace. Si on est tenace, l’Aventure est très, très belle.

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